Belief Over Beauty
De nos jours, le tatouage est un art très à la mode, mais ses origines remontent à des milliers d’années pour des raisons culturelles ou religieuses à travers le monde. Pendant un an j’ai exploré le monde impressionnant et secret du Sak Yan, le tatouage traditionnel thaïlandais fait à la main par des moines et profanes appelés Ajarn (maître).
J’ai eu l’opportunité de pouvoir passer du temps et photographier différents Ajarns avec lesquels j’ai beaucoup appris de leurs traditions et connaissances les rendant unique.
Le Sak Yan est un art où la croyance surpasse la beauté et l’esthétique, lui procurant toute sa dimension spirituelle. Une tradition religieuse et ancestrale, hautement respectée dans la société thaïlandaise.
Les gens croient fermement en ce que le tatouage peut leur apporter comme protection dans leur vie, à des fins différentes.
J’ai assisté à différents événements tels que les cérémonies annuelles appelées « Wai Khru », où les disciples rendent hommage à leurs maîtres et reçoivent leur bénédiction.
Pendant près d'un an, la photographe française Jessie Lie s’est immergée dans le monde du Sak Yan, le tatouage traditionnel Thaïlandais fait à la main à des fins spirituelles, pour assembler cette collection spéciale d'images en noir et blanc.
C’est un monde de magie et de mystère auquel les étrangers ont du mal à accéder et à comprendre. Avec patience et persévérance, Lie a profité de longues périodes au sein de la communauté Thaïlandaise relativement gardée, « Khru Sak » (maître tatoueur), vivant parmi eux, partageant des repas au sein de leurs familles et assistant à des cérémonies spéciales telles que le « Wai Khru » annuel, au sein duquel les disciples rendent hommage à leurs maîtres passés et présents.
À partir de cette sous-culture remarquable, elle a pu documenter la tradition avec son appareil tout en s'engageant dans un dialogue profond avec les maîtres et les disciples.
La collection de photos qui en résulte, offre un rare aperçu du monde du Sak Yan quotidien que la plupart des gens, y compris de nombreux Thaïlandais, connaissent très peu.
À propos de Sak Yan: Aussi élégant et accrocheur que l'art puisse être, il se veut bien plus qu'une simple décoration ou une amélioration esthétique. Chaque dessin représente un but magico-religieux spécifique, prodigué non seulement par le dessin lui-même, mais par le maître qui applique le tatouage et tout aussi important, par l'autodiscipline et la moralité du porteur.
Alors que certains étrangers ont l'impression que les maîtres de tatouage thaïlandais sont toujours des moines bouddhistes (d'où le surnom erroné de «tatouages de temple»), il y a en fait beaucoup plus de profanes appliquant le Sak Yan que de moines. Ce que les deux ont en commun est un long apprentissage sous un ancien Khru Sak, moine ou profane. L’apprentissage est considéré comme terminé lorsque le maître a le sentiment que son apprenti a pleinement absorbé la « Weecha » du maître (connaissances magiques) et est pleinement capable de tatouer seul.